Pour les habitants des Abymes, de Baie-Mahault et de Pointe-à-Pitre, les difficultés d’accès à l’eau potable ne relèvent pas d’un simple désagrément. Elles perturbent les foyers, les commerces et l’activité des entreprises. Une décision adoptée par Cap Excellence ouvre désormais la voie à des interventions plus rapides sur les installations les plus fragiles.
Le dispositif retenu ne se limite pas à une annonce budgétaire. Il doit aussi permettre d’engager concrètement les procédures et les travaux d’urgence, sans modifier durablement la répartition des compétences.
Pourquoi l’état du réseau d’eau impose une action accélérée
Réuni en conseil communautaire le vendredi 18 septembre, sous la présidence d’Éric Jalton, Cap Excellence a adopté plusieurs délibérations importantes pour le territoire. L’eau et l’assainissement y occupent une place centrale, face aux difficultés persistantes d’accès à l’eau potable.
Dans une agglomération comme Cap Excellence, une fuite majeure ou un équipement défaillant peut avoir des conséquences immédiates. Les ménages doivent adapter leur quotidien. Les commerçants et les entreprises subissent aussi les effets des interruptions ou d’une distribution instable.
Le réseau ne se résume pas aux canalisations visibles dans les rues. Il comprend les installations de production, les réservoirs, les forages, les postes de refoulement et les réseaux stratégiques qui acheminent l’eau jusqu’aux usagers. L’assainissement dépend lui aussi de cette continuité technique.
La collectivité entend donc concentrer ses moyens sur les infrastructures prioritaires aux Abymes, à Baie-Mahault et à Pointe-à-Pitre. L’enjeu est d’éviter que les délais administratifs ne retardent les interventions les plus urgentes. Mais le mécanisme choisi mérite d’être précisé.
Les 11 millions d’euros financent un mandat de maîtrise d’ouvrage déléguée
Le conseil communautaire a validé à l’unanimité une convention de mandat de maîtrise d’ouvrage déléguée. Cette convention est prévue pour deux ans et s’appuie sur une enveloppe exceptionnelle de 11 millions d’euros.
Concrètement, Cap Excellence pourra mobiliser ses compétences techniques, ses équipes et sa capacité d’ingénierie financière pour conduire les travaux d’urgence. La collectivité pourra également piloter et préfinancer directement la commande publique nécessaire aux opérations retenues.
Ce point est déterminant. Préfinancer et organiser la commande publique doit permettre un démarrage plus rapide des chantiers, alors que les besoins concernent des équipements essentiels du réseau d’eau potable et d’assainissement.
Éric Jalton a présenté l’objectif de cette décision comme une priorité pour le territoire. Il s’agit d’améliorer plus vite le quotidien des familles, des commerçants et des entreprises de l’agglomération. La convention ne prévoit toutefois aucun transfert de compétence pérenne vers Cap Excellence.
La mesure est donc conçue comme un outil opérationnel, limité dans le temps, pour répondre à l’urgence. Les travaux ciblés doivent débuter dans les prochains mois. Reste à savoir quels ouvrages seront traités en premier.
Les interventions prévues sur les fuites, les réservoirs et les zones prioritaires
Le programme annoncé vise d’abord la recherche et la réparation des fuites majeures sur les réseaux de distribution. Cette étape est essentielle, car une fuite importante fragilise la disponibilité de l’eau avant même son arrivée chez les abonnés.
Les interventions comprendront aussi la mise à niveau des usines de production et des réseaux stratégiques desservant Baie-Mahault. L’objectif est de renforcer les maillons qui assurent la production, le stockage et l’acheminement de l’eau potable.
Plusieurs infrastructures sont explicitement identifiées comme prioritaires :
- Le deuxième réservoir de Perrin, dont la sécurisation fait partie des opérations prévues.
- Le forage de Boisvinière, équipement clé pour la ressource et la distribution.
- Le poste de refoulement de Bergevin, qui participe au fonctionnement des réseaux.
- Les usines de production et les réseaux stratégiques alimentant Baie-Mahault.
- Les secteurs de Lauricisque et de la zone d’activités Est de Grand-Camp.
Cap Excellence accompagnera également le renouvellement urbain, désigné par l’acronyme RUCAP. Dans ce cadre, une requalification hydraulique est annoncée comme prioritaire à Lauricisque ainsi que dans la zone d’activités Est de Grand-Camp.
Ces opérations réunissent donc des travaux sur les réseaux d’eau potable, l’assainissement, le stockage, le forage et les infrastructures de refoulement. Leur cohérence sera essentielle pour améliorer durablement le fonctionnement local. Mais l’eau n’est pas le seul sujet traité lors de ce conseil communautaire.
Le Contrat Local de Santé cible la prévention et les inégalités d’accès aux soins
Cap Excellence a aussi consolidé la feuille de route de son Contrat Local de Santé, ou CLS. Cette démarche s’inscrit dans les ambitions du Projet de Territoire et repose sur trois principes : la prévention, la proximité et la réduction des disparités territoriales d’accès aux soins.
La première priorité concerne la santé environnementale et le cadre de vie. Elle prévoit des actions coordonnées de veille sanitaire, de lutte antivectorielle et d’amélioration des environnements du quotidien. La lutte antivectorielle vise notamment les risques liés aux vecteurs de maladie.
La deuxième priorité porte sur le déploiement de dépistages mobiles et d’ateliers d’éducation thérapeutique. Ces actions seront menées dans les quartiers prioritaires des Abymes et de Pointe-à-Pitre, avec une attention particulière pour le diabète, l’obésité et l’hypertension.
Enfin, le CLS prévoit un soutien renforcé aux populations vulnérables. Cela passe par les permanences d’écoute, la santé mentale communautaire et une meilleure prise en charge des publics précaires ainsi que des personnes âgées isolées.
La santé est ainsi présentée comme un droit fondamental à l’échelle de l’agglomération. Cette orientation complète les enjeux d’eau et de cadre de vie, deux dimensions étroitement liées au quotidien. Le conseil communautaire a également voulu préserver une autre composante du territoire : la création artistique.
L’Agora Kilti ouvre un lieu de travail pour les artistes au Morne Vergain
Pendant la réhabilitation du Centre des Arts et de la Culture, ou CAC, Cap Excellence prépare l’ouverture de L’Agora Kilti. Ce nouvel espace se situe dans la zone d’activités économiques de Morne Vergain, aux Abymes.
Conçu comme un espace culturel de création partagée, ce tiers-lieu hybride doit accompagner la filière culturelle guadeloupéenne. Il entend maintenir l’activité artistique sur le territoire durant les travaux du CAC, tout en préparant les futures dynamiques de diffusion et de professionnalisation.
Les équipements annoncés comprennent un plateau complet en rez-de-chaussée ainsi que cinq box modulaires. Ils seront destinés aux résidences de création, à la production de contenus numériques, au DJing et à l’audiovisuel.
| Équipement ou service | Usage annoncé |
|---|---|
| Plateau en rez-de-chaussée | Création artistique partagée |
| Cinq box modulaires | Résidences, contenus numériques, DJing et audiovisuel |
| Tarification sociale | Accès adapté aux artistes et associations |
| Espaces complémentaires | Coworking, coaching et salles de réunion |
Une redevance annuelle symbolique de 25 euros est prévue pour les artistes ex-CAC. Des tarifs spécifiques sont également annoncés pour les associations, avec des forfaits de coworking, des ateliers de coaching et des salles de réunion.
Ce qu’il faut retenir des prochaines échéances
Les travaux sur l’eau et l’assainissement doivent commencer dans les prochains mois grâce à la convention de mandat de deux ans. Leur efficacité dépendra de la capacité à traiter les fuites, sécuriser les ouvrages et coordonner les chantiers sur les secteurs identifiés.
L’Agora Kilti, elle, doit être officiellement inaugurée le vendredi 25 septembre 2026. Elle offrira alors une solution de continuité aux artistes pendant la réhabilitation du Centre des Arts et de la Culture.
Pour Cap Excellence, la priorité immédiate reste d’engager sans attendre les opérations destinées à sécuriser l’accès à l’eau. Les habitants pourront surtout juger cette enveloppe de 11 millions d’euros à la vitesse de démarrage des chantiers et à leurs effets concrets sur le réseau.




