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Dette de la CTM : Serge Letchimy assume et dévoile son plan pour redresser les finances de la Martinique

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Près d’un milliard d’euros de dette, des comptes jugés critiques et une inquiétude légitime sur les services publics : la Collectivité territoriale de Martinique se trouve à un tournant. Serge Letchimy ne conteste pas la gravité de la situation.

Le président du Conseil exécutif affirme toutefois que les mesures engagées depuis 2021 commencent déjà à produire des effets. Son objectif est clair : restaurer les marges financières de la CTM sans faire porter l’essentiel de l’effort sur les Martiniquais.

Pourquoi la dette de la CTM devient un sujet central en Martinique

La dette globale de la Collectivité territoriale de Martinique approche le milliard d’euros. Ce montant alimente les interrogations sur la capacité de la CTM à financer ses compétences, ses aides, ses investissements et son fonctionnement quotidien.

Pour Serge Letchimy, il faut regarder cette dette sur plusieurs périodes. Il attribue environ 186 millions d’euros à la période de gestion ouverte depuis 2021. Il rappelle aussi qu’environ 380 millions d’euros relèvent de la période dirigée par Alfred Marie-Jeanne.

Le président du Conseil exécutif ne rejette pas la responsabilité sur ses prédécesseurs. Il estime que l’ancien exécutif ne pouvait pas éviter certains emprunts, dans un contexte budgétaire déjà fragilisé.

La Chambre compétente a dressé un constat sévère sur les finances de la CTM. Serge Letchimy juge néanmoins ce rapport juste, car il met en lumière une défaillance structurelle du budget, déjà évoquée par lui dès 2021.

Le problème ne se limite donc pas à une dépense isolée ou à un emprunt ponctuel. Il repose sur un déséquilibre durable entre les recettes disponibles et les dépenses à assumer. C’est précisément sur ce déséquilibre que le plan annoncé doit agir.

Le plan de Serge Letchimy repose sur les économies et l’autofinancement

Serge Letchimy affirme assumer la part d’endettement contractée durant son mandat. Il défend notamment les investissements réalisés depuis 2021, tout en reconnaissant que la CTM doit désormais approfondir son redressement financier.

Le cœur de sa stratégie est un plan d’économies compris entre 170 et 200 millions d’euros, engagé sur quatre ans. Selon lui, ce plan a déjà permis d’identifier 93 millions d’euros. Sur cette somme, 70 millions d’euros seraient déjà effectivement rentrés.

Cette trajectoire doit améliorer la capacité d’autofinancement de la collectivité. Autrement dit, la CTM doit pouvoir financer une part plus importante de ses projets avec ses ressources propres, plutôt que de recourir systématiquement à l’emprunt.

Le second axe concerne l’emploi au sein de la collectivité. Serge Letchimy explique qu’une phase de hausse des effectifs a été nécessaire. L’objectif est désormais de réduire progressivement ce niveau, sans annoncer de remise en cause brutale du personnel.

La méthode annoncée repose aussi sur une réorganisation administrative. Un organigramme est en cours de finalisation. Les procédures de paiement et de commande sont présentées comme relativement opérationnelles, avec l’ambition de mieux maîtriser les dépenses.

Le redressement ne repose donc pas sur une seule mesure spectaculaire. Il combine baisse des coûts, cession d’actifs, amélioration des recettes et contrôle renforcé des engagements. Reste à traduire cette méthode en décisions budgétaires concrètes.

Les mesures déjà engagées pour réduire les dépenses de la CTM

Plusieurs leviers sont déjà cités par l’exécutif martiniquais. Ils permettent de comprendre comment la CTM veut dégager des économies sans supprimer indistinctement ses missions.

LevierMesure annoncéeEffet recherché
GardiennageRéduire une dépense annuelle de 11 millions d’euros à 4 ou 5 millions d’eurosDiminuer durablement les frais de fonctionnement
Patrimoine foncierCéder certains terrains appartenant à la CTMMobiliser des recettes exceptionnelles
Aides publiquesMettre en place un règlement financier pour encadrer l’accès aux aidesMieux cibler et suivre les financements accordés
Fonds européensAméliorer leur utilisationFinancer davantage de projets sans alourdir la dette
AdministrationFinaliser la réorganisation interne et les procédures de commandeRenforcer le pilotage des dépenses

La baisse du coût du gardiennage est l’exemple le plus chiffré. Passer de 11 millions d’euros par an à 4 ou 5 millions représente une réduction majeure de cette ligne budgétaire.

La vente de terrains fait également partie de la stratégie. Serge Letchimy souligne toutefois qu’une cession foncière ne se réalise pas instantanément. Il faut identifier les biens, définir leur valeur, engager les démarches et trouver des acquéreurs.

L’exécutif veut aussi mieux utiliser les fonds européens. Pour une collectivité, ces financements peuvent soutenir des opérations d’investissement ou de développement sans les faire reposer entièrement sur ses recettes ordinaires.

Enfin, le règlement financier d’accès aux aides vise à mieux encadrer les subventions et autres soutiens versés. Cette logique de pilotage doit permettre de savoir plus précisément ce qui est accordé, à qui et selon quelles priorités.

Ces actions peuvent réduire les tensions budgétaires. Mais le débat porte aussi sur les choix futurs, notamment les investissements et les prélèvements demandés à la population.

Quel impact pour les Martiniquais, les communes et les organismes liés à la CTM

Serge Letchimy assure que l’effort demandé à la population restera limité. Il évoque une contribution liée au versement de transport, un dispositif que la CTM devra appliquer.

Selon lui, les recettes attendues de ces petites fiscalités seraient de l’ordre de 2 à 4 millions d’euros. Ce montant reste faible au regard d’un objectif global de redressement pouvant atteindre 200 millions d’euros.

Le président du Conseil exécutif présente donc ces prélèvements comme marginaux. Il affirme vouloir préserver à la fois les contribuables et les agents de la collectivité, même si chacun devra participer à l’effort général.

Un plan d’optimisation des recettes et des dépenses doit par ailleurs être débattu par les élus. Il prévoit notamment des économies sur les dotations versées aux satellites de la CTM et sur les aides accordées aux communes.

La baisse de l’autorisation d’emprunt figure aussi parmi les orientations annoncées. Réduire cette autorisation ne rembourse pas immédiatement la dette existante. En revanche, cela peut limiter l’accroissement futur de l’endettement.

D’autres mesures devront être soumises au vote des conseillers territoriaux. C’est à cette étape que le plan prendra une portée concrète, avec des arbitrages sur les organismes financés, les investissements et les politiques locales.

Investissements, transparence et priorités : les demandes des élus

Catherine Conconne appelle à sortir des polémiques pour concentrer le débat sur les décisions utiles. Elle souligne que de nombreuses collectivités connaissent des difficultés comparables, y compris au niveau de l’État.

Selon la conseillère territoriale, le déséquilibre provient d’un écart entre les recettes et les dépenses. Les charges à financer pèsent fortement, notamment en fonction de la démographie et du nombre de personnes concernées par les politiques publiques.

Elle estime que certains investissements devront peut-être être revus. Sa ligne est de reprioriser les projets et de concentrer les moyens sur l’essentiel.

Catherine Conconne demande également davantage de transparence sur l’évolution des comptes. Les Martiniquais doivent pouvoir suivre les résultats obtenus, les économies réellement réalisées et les décisions prises pour redresser la situation.

Louis Boutrin, élu du groupe Gran Sanblé, va plus loin. Il propose un pacte martiniquais de redressement, avec une trajectoire définie et des priorités partagées.

Pour lui, optimiser les ressources et les dépenses ne suffit pas. Un véritable plan de redressement doit préciser le cap collectif, les échéances et les choix à assumer dans la durée.

Les points de vigilance avant de parler de redressement réussi

La première erreur serait de réduire le débat à la seule dette. Une collectivité peut emprunter pour investir, mais elle doit surtout disposer de recettes et d’une capacité d’autofinancement suffisantes pour supporter ses engagements.

La deuxième serait de considérer les cessions de terrains comme une solution permanente. Elles peuvent apporter une ressource ponctuelle, mais elles ne remplacent pas une maîtrise durable des dépenses de fonctionnement.

La troisième concerne les aides aux communes et aux structures satellites. Réduire ces dotations peut soulager le budget de la CTM, mais les conséquences sur les projets locaux devront être évaluées avec précision.

Enfin, un plan chiffré doit être suivi dans le temps. Les 93 millions d’euros annoncés et les 70 millions déjà rentrés constituent des indicateurs importants. Leur évolution permettra de mesurer la solidité réelle du redressement.

Le défi est désormais de convertir les annonces en résultats vérifiables. La trajectoire financière de la Martinique dépendra autant des arbitrages votés que de la capacité de la CTM à tenir ses objectifs sur plusieurs années.

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Amandine
L’auteur

Amandine

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