EN DIRECT · Antilles & Outre-mer
Dimanche 2 août 2026 Newsletter Se connecter
St Martin Week Actualités « On a failli lâcher » : le lycée agricole de Moorea ferme ses portes aux véhicules motorisés après une bataille acharnée
Actualités

« On a failli lâcher » : le lycée agricole de Moorea ferme ses portes aux véhicules motorisés après une bataille acharnée

14

Sur les hauteurs d’Opunohu, les pistes longtemps empruntées par les véhicules touristiques vont changer de visage. Derrière cette décision, il y a des cultures endommagées, des règles peu suivies et deux années de tentatives pour éviter une rupture.

Le site ne ferme pas aux visiteurs. Mais il impose désormais un autre rythme, plus silencieux et plus respectueux du travail agricole.

Pourquoi le lycée agricole de Moorea a jugé la situation intenable

Le domaine d’exploitation du lycée agricole de Moorea s’étend sur 14 hectares, dans le secteur d’Opunohu. Cet espace est à la fois un lieu de formation, une exploitation agricole et un site traversé par des visiteurs attirés par les paysages de l’île.

Cette cohabitation est devenue difficile. Plusieurs incivilités et dégradations ont été relevées sur le domaine, en particulier dans les parcelles cultivées. Les passages fréquents de véhicules motorisés ont abîmé des zones dédiées à la production agricole.

Le problème ne date pas d’hier. Il y a déjà deux ans, le monde agricole avait choisi de fermer la route des ananas, confronté à des dégradations répétées. Le lycée agricole espérait toutefois préserver un équilibre entre tourisme et activité de l’exploitation.

Selon Abdallah Baha, directeur de l’Établissement public d’enseignement agricole de Polynésie française, l’établissement a tenté pendant deux ans de faire fonctionner cette coexistence. Mais les efforts engagés n’ont pas produit les résultats attendus. Restait alors à décider ce qui devait primer sur ces chemins.

Dès le 2 août, les véhicules motorisés ne pourront plus emprunter les pistes

À partir du 2 août 2026, aucun véhicule motorisé ne sera autorisé à circuler sur les sentiers du site d’exploitation du lycée agricole de Moorea. La mesure concerne notamment les véhicules à quatre roues utilisés dans certaines activités touristiques.

Les visiteurs pourront encore accéder à cette partie du domaine d’Opunohu, mais uniquement à pied. Les randonnées pédestres restent autorisées. L’enjeu n’est donc pas de soustraire le site au public, mais de protéger les cultures et de rendre les déplacements compatibles avec le fonctionnement de l’exploitation.

Avant d’en arriver à cette interdiction, le lycée agricole avait proposé une régulation aux opérateurs touristiques. L’établissement souhaitait mettre en place une convention, une charte de bonne conduite et un circuit précis à respecter.

Or, très peu d’opérateurs ont répondu à ces sollicitations. Le circuit proposé a également été peu respecté, alors que les passages motorisés continuaient à affecter les parcelles. Pour la direction, cette organisation ne pouvait plus durer. Mais l’application concrète de la fermeture doit désormais être comprise par tous les usagers.

Ce qui change concrètement pour les visiteurs et les prestataires

La nouvelle règle est simple : les visites du secteur concerné devront se faire à pied. Les itinéraires motorisés à travers les terrains du lycée agricole ne seront plus accessibles, même pour les prestataires qui accompagnent habituellement des touristes.

Le directeur de l’établissement précise que l’interdiction pourra être assortie de suites judiciaires. Une plainte n’est pas exclue si certains opérateurs choisissent de passer outre les consignes annoncées.

Pour les randonneurs, cette évolution implique de préparer une visite adaptée à la marche. Il faut privilégier des chaussures stables, emporter de l’eau et suivre les chemins autorisés, sans pénétrer dans les zones de culture. Une parcelle agricole n’est pas un simple décor : elle correspond à un espace de production et d’apprentissage.

  1. Choisissez une visite à pied sur les chemins ouverts aux randonneurs.
  2. Respectez les cultures en restant sur les parcours prévus et en évitant toute zone travaillée.
  3. Renoncez aux engins motorisés, y compris les véhicules à quatre roues, sur les pistes du site.
  4. Suivez les consignes des responsables du domaine et des éventuels accompagnateurs autorisés.
  5. Préparez une visite plus lente, car la découverte du paysage d’Opunohu se fera désormais au rythme de la marche.

Cette décision intervient aussi à un moment important pour le lycée. Les visites prévues du 6 au 8 août dans le cadre du salon Tech et Bio devraient ainsi se tenir dans un environnement plus calme. Reste à voir comment les professionnels du tourisme s’adapteront à cette nouvelle réalité.

Des réactions contrastées chez les professionnels du tourisme

La fermeture des pistes aux véhicules motorisés suscite des réactions opposées. Certains prestataires redoutent les conséquences sur les circuits qu’ils proposent aux voyageurs de passage à Moorea.

Rigo Haring s’est ainsi indigné de la décision. Il estime qu’une fermeture de ce type risque de réduire les activités à montrer aux touristes. Selon lui, si les visiteurs perçoivent une offre insuffisante, ils pourraient limiter leur séjour à un ou deux jours.

Son message est clair : il appelle à discuter avant de fermer davantage d’accès sur l’île. Cette inquiétude reflète la place du tourisme d’excursion dans l’économie locale, notamment pour les professionnels qui s’appuient sur des circuits motorisés.

Tauhere Germain adopte une position plus nuancée. Elle ne s’oppose pas au principe de la fermeture, considérant qu’elle répond nécessairement à un manque de respect du travail réalisé sur le site. Elle souhaite néanmoins que de nouvelles rencontres soient organisées avec l’ensemble des sociétés concernées si les accès se réduisent.

Le débat porte donc moins sur la fréquentation du domaine que sur ses modalités. Le tourisme, l’agriculture, l’enseignement et la préservation des chemins doivent trouver une organisation durable.

Des chemins à remettre en état et une visite piétonne à améliorer

L’interdiction des véhicules doit permettre au lycée agricole de reprendre la main sur l’état des pistes. Le temps libéré par la fin des passages motorisés sera consacré à la réfection des chemins et à l’amélioration des conditions de visite pour les piétons.

Ce changement peut aussi transformer l’expérience du domaine d’Opunohu. À pied, les visiteurs avancent moins vite, observent davantage les reliefs de Moorea et comprennent mieux que ces terres accueillent des activités agricoles concrètes.

La présence d’un lycée agricole donne au lieu une fonction particulière. Les terrains ne sont pas seulement associés aux loisirs ou aux panoramas. Ils servent à la formation des élèves et à l’exploitation de cultures, ce qui exige des accès maîtrisés.

  • Pour les randonneurs : une circulation plus apaisée sur les chemins autorisés.
  • Pour l’exploitation : moins de passages susceptibles d’endommager les parcelles cultivées.
  • Pour le lycée : une occasion de restaurer les voies et d’organiser l’accueil piéton.
  • Pour les opérateurs : la nécessité de repenser certains parcours et de dialoguer avec l’établissement.

Cette évolution ne résout pas automatiquement toutes les tensions. Elle fixe en revanche une limite nette après l’échec des tentatives de régulation.

Ce qu’il ne faut pas confondre avec une fermeture totale du domaine

La mesure ne signifie pas que le domaine d’Opunohu devient inaccessible. Les randonnées pédestres restent possibles, tandis que l’interdiction vise les véhicules motorisés sur les sentiers du site d’exploitation.

Il ne faut pas non plus réduire cette décision à un conflit entre agriculture et tourisme. Le lycée avait précisément cherché à les concilier par une convention, une charte et un circuit dédié. C’est le faible nombre de réponses et le non-respect des règles qui ont conduit à la fermeture.

Enfin, les cultures ne doivent pas être assimilées à des espaces de passage. Les dégradations signalées concernent des parcelles travaillées, au cœur d’un établissement public d’enseignement agricole de Polynésie française.

Pour profiter du site, le bon réflexe est désormais évident : venir à pied, rester sur les parcours admis et laisser les engins motorisés à l’extérieur. Cette règle doit permettre aux chemins d’Opunohu de redevenir compatibles avec leur vocation agricole.

4/5 - (18 votes)
4/5 - (18 votes)
Amandine
L’auteur

Amandine

Passionnée de voyage et surtout de destinations exotiques sous le soleil. Ici, je partage mes expériences, mes conseils et mes astuces pour que vous puissiez vivre vous aussi des moments inoubliables. Suivez nous pour découvrir des endroits paradisiaques, rencontrer des gens fascinants et vivre des aventures inoubliables sous le soleil.

❤️ Aidez-nous, suivez-nous !

Indépendant et gratuit, St Martin Week a besoin de votre soutien : suivez-nous sur Google Actu, Facebook ou encore Twitter.

À lire aussi

Montagne Pelée : ce gonflement discret observé au sommet inquiète les volcanologues

Au sommet de la Montagne Pelée, les instruments ont détecté un mouvement...

Taxis collectifs en Martinique : pourquoi leurs dessertes dans le Sud pourraient bientôt reprendre

Dans le Sud de la Martinique, le retour de véhicules connus de...

Concours Graines d’agriculteurs 2026 : ce projet guadeloupéen d’élevage de chèvres a besoin de vos votes

Un élevage caprin pensé pour le climat tropical, des fromages aux saveurs...