À 37 ans, il revient en Martinique après avoir atteint l’un des sommets les plus convoités de la gastronomie mondiale. Une étoile Michelin obtenue à Dubaï change un parcours, mais elle ne résume pas ce que ce chef lamentinois rapporte réellement sur son île.
Car derrière la distinction, il y a des cuisines de palaces, des rencontres décisives et plus de quinze années de rigueur. Son prochain défi se jouera désormais à domicile, avec une carte qui devra porter une histoire bien plus vaste qu’un simple retour.
Pourquoi ce retour en Martinique attire les regards
Le retour définitif de Stéphane Nema en Martinique intervient à un moment particulier pour la cuisine caribéenne. Les chefs originaires de l’île gagnent en visibilité dans les grands établissements internationaux, tout en affirmant leurs liens avec leur territoire.
Le chef lamentinois revient avec sa femme et son enfant, après un parcours mené entre l’Europe, le Moyen-Orient et la Russie. Son itinéraire témoigne d’une gastronomie devenue mobile, où les cuisiniers se forment auprès de maisons prestigieuses avant de choisir leur propre ancrage.
En 2025, Stéphane Nema a décroché une étoile du Guide Michelin dans un restaurant de Dubaï. Cette récompense distingue une cuisine jugée d’un très haut niveau par les inspecteurs du guide, notamment pour la qualité des produits, la maîtrise des techniques et la personnalité du chef.
Mais une étoile ne se transporte pas comme un trophée. Ce qui compte dans ce retour, c’est l’expérience acquise pendant plus de quinze ans, ainsi que la volonté de la partager en Martinique. Reste à comprendre ce que cette formation internationale peut apporter à une future table locale.
Ce que Stéphane Nema a réellement rapporté dans ses valises
Stéphane Nema ne revient pas seulement avec le prestige d’une étoile Michelin. Il rapporte avant tout une méthode de travail façonnée dans plusieurs restaurants étoilés, auprès de figures majeures de la haute gastronomie.
À Monaco, il a travaillé avec le chef martiniquais Marcel Ravin, qu’il présente comme son modèle. Cette rencontre est importante dans son parcours, car Marcel Ravin incarne lui aussi une cuisine caribéenne portée au plus haut niveau de la gastronomie française.
Le chef lamentinois a également exercé au Plaza Athénée, le palace parisien, sous les ordres d’Alain Ducasse. Il a aussi travaillé avec Hélène Darroze, cheffe multi-étoilée. Ces maisons reposent sur une organisation précise, une exécution régulière et une attention extrême aux détails.
Son expérience ne s’arrête pas à la France et Monaco. Stéphane Nema a participé à un show culinaire en Russie, puis il a exercé au Qatar avant de rejoindre Dubaï. Ce parcours international lui a permis d’observer des clientèles, des produits et des codes de service très différents.
Ce qu’il rapporte est donc un savoir-faire. Il s’agit de la discipline d’une brigade, de la précision des cuissons, du soin du dressage et de la capacité à construire une identité culinaire lisible. Son ambition est désormais de mettre ces acquis au service d’un projet martiniquais personnel.
La prochaine étape ne consiste pas à reproduire une table de Dubaï sous les tropiques. Elle consiste à imaginer une adresse cohérente avec son parcours et son lieu d’installation.
Une future structure et une carte personnelle attendues avant la fin de l’année
Stéphane Nema envisage de créer sa propre structure en Martinique d’ici la fin de l’année. Le projet doit s’accompagner de sa propre carte, un élément essentiel pour un chef qui souhaite exprimer une vision plutôt que suivre celle d’une maison établie.
Une carte personnelle représente bien davantage qu’une succession de plats. Elle impose de choisir des produits, de définir des assiettes, d’organiser les approvisionnements et de constituer une équipe capable d’assurer le même niveau chaque jour.
Dans le cas de ce chef formé à l’international, le public peut attendre une cuisine nourrie par plusieurs expériences. Monaco, Paris, le Qatar et Dubaï ont chacun leurs exigences. La Martinique apportera, elle, un cadre, une clientèle et des ressources propres.
Le futur établissement devra également traduire sa volonté de transmission. Le chef souhaite partager l’expérience accumulée pendant plus de quinze ans dans des établissements prestigieux. Cette transmission peut passer par la formation d’une brigade, l’accompagnement de jeunes cuisiniers et la diffusion de standards professionnels exigeants.
- Définir une identité : créer une carte qui porte la signature de Stéphane Nema et son attachement à la Martinique.
- Mettre en place une brigade : appliquer les méthodes de travail apprises dans les restaurants étoilés et les palaces.
- Assurer une exécution constante : une cuisine ambitieuse repose autant sur la régularité que sur la créativité.
- Transmettre les gestes : partager les techniques, l’organisation et l’exigence acquises au fil de son parcours.
- Viser une reconnaissance durable : construire une table capable de défendre son niveau dans le temps.
Cette feuille de route reste ambitieuse. Elle prend toutefois un relief particulier dans une île déjà représentée dans le palmarès Michelin par deux chefs reconnus.
Une ambition qui s’inscrit dans le rayonnement des chefs martiniquais
Stéphane Nema affiche déjà un objectif clair : conquérir une nouvelle étoile au Guide Michelin. Cette ambition ne part pas de zéro, puisqu’il a obtenu sa première distinction à Dubaï en 2025.
Le Guide Michelin 2026 a par ailleurs confirmé la présence de deux chefs martiniquais dans son palmarès. Louis-Philippe Vigilant et Marcel Ravin ont conservé leurs étoiles, marquant une nouvelle percée ultramarine dans cette sélection gastronomique.
Marcel Ravin occupe une place particulière dans cette dynamique. Modèle de Stéphane Nema et chef martiniquais établi à Monaco, il illustre la possibilité de faire reconnaître une sensibilité caribéenne dans les sphères les plus exigeantes de la restauration.
| Chef | Élément marquant |
|---|---|
| Stéphane Nema | Chef lamentinois, 37 ans, étoilé à Dubaï en 2025 et de retour définitif en Martinique |
| Marcel Ravin | Chef martiniquais, modèle de Stéphane Nema, étoile conservée au Guide Michelin 2026 |
| Louis-Philippe Vigilant | Chef martiniquais, étoile conservée au Guide Michelin 2026 |
La présence de ces noms dans l’actualité gastronomique rappelle que la reconnaissance ne dépend pas seulement d’un lieu. Elle dépend aussi d’une trajectoire, d’une exigence et d’une capacité à affirmer sa singularité.
Les ingrédients d’une table étoilée ne se limitent pas à la technique
L’obtention d’une étoile Michelin ne garantit jamais qu’un nouveau projet sera immédiatement distingué. Le Guide Michelin évalue l’assiette, mais aussi la cohérence entre les plats et la régularité de l’expérience proposée.
Pour Stéphane Nema, le défi sera donc double. Il devra proposer une cuisine personnelle tout en maintenant le niveau de précision attendu d’un chef passé par le Plaza Athénée, les cuisines de Marcel Ravin et celles d’Hélène Darroze.
- Éviter de confondre une cuisine sophistiquée avec une cuisine surchargée.
- Préserver une identité claire malgré les influences de Monaco, Paris, Russie, Qatar et Dubaï.
- Former une équipe capable de reproduire les mêmes gestes avec constance.
- Faire de la carte un projet vivant, adapté à la réalité de l’établissement et de son territoire.
Le plus important sera sans doute de laisser le parcours nourrir la cuisine sans l’écraser. Une distinction est un repère, mais une table mémorable se construit aussi par l’émotion et la fidélité à une vision.
Le retour d’un chef, et l’ouverture d’un nouveau chapitre
Le futur projet de Stéphane Nema sera à suivre d’ici la fin de l’année. Son expérience internationale et son étoile obtenue à Dubaï lui donnent des bases solides pour imaginer une nouvelle adresse en Martinique.
Cette fois, le chef ne revient pas pour tourner la page. Il revient pour écrire sa propre carte, avec la Martinique comme point d’ancrage et une nouvelle étoile dans son viseur.




